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SANMI-ITTAI est un concept fondamental, au coeur du Kyudo moderne, Sanmi-Ittai signifie “l’unité des Trois Essentiels” que sont le corps, l’esprit et l’arc, ne formant qu’un seul ensemble. Il s’agit donc d’un concept trinitaire. Azuchi de Sylvain les moulin

La stabilité du corps physique, la stabilité de l’esprit (et du mental) et la stabilité de l’arc constituent le but suprême du Kyudo. Pour qui pratique la Voie de l’Arc, la question essentielle est : comment créer cette unité?

Les anciens maîtres du Kyudo ont étudié avec le plus grand soin cette notion fondamentale et nous ont transmis leur savoir sur la question de l’unification du corps, de l’esprit et de l’arc. Les enseignements qu’ils nous ont légués tiennent en deux poèmes _ Reiki-Shagi et Shahô-Kun *_ qui accompagneront pendant toute leur vie les adeptes de la Voie de l’Arc. Ces deux poèmes sont à lire et à relire, ils doivent être sus par coeur.

Au Japon, les entraînements au plus haut niveau (à partir de kyôshi 7e dan) qui rassemblent les meilleurs archers, commencent tous les matins par la récitation collective de ces deux poèmes: Reiki-Shagi ou “la vérité du tir”, qui développe les principes éthiques du Kyudo, et Shahô-Kun, axé sur les principes techniques à respecter. L’un et l’autre sont indissociables et nécessaires à la réalisation du Sanmi-Ittai.

profileLe « mon » (emblème) de notre dôjô symbolise la réalisation du Sanmi-Ittai. Cet entrelacs de trois cercles (noeud borroméen) se retrouve dans la héraldique japonaise. On peut en admirer un exemple dans la province du Yamato, près de Nara, où il orne le temple shintô O-Miwa Jinja (“Trois Cercles”) fondé au premier siècle avant l’ère chrétienne.

RAIKI-SHAGI
( La Vérité du Tir )

« Le tir, avec son mouvement circulaire avant et arrière ne peut être pratiqué sans respect (courtoisie) et sincérité (REI).
Après avoir acquis l’intention juste et la forme correcte, l’arc et les flèches peuvent être saisis résolument.
Tirer de cette façon, c’est réussir le tir, et ce faisant, la vertu sera évidente.
Le Kyudo est la voie de la vertu parfaite. Dans le tir, chacun doit chercher la justesse de soi même. Avec cette justesse de soi, le tir peut être réalisé.
Au moment où le tir faillit, il ne devrait y avoir aucun ressentiment envers ceux qui réussissent. Au contraire, c’est une occasion de se chercher soi même ».

Parvenir à la parfaite maîtrise de la volonté et de l’esprit, à la stabilité de la forme du corps et à l’exactitude dans l’utilisation de l’arc c’est réaliser les « cinq vertus »**. Avec cette perspective, le Kyudo peut être considéré comme une voie pour cultiver la discipline mentale et la vertu, basées sur ces valeurs traditionnelles. Nous ne devons jamais perdre de vue ces valeurs qui constituent la source vive de notre communauté de pratiquants du Kyudo actuel.

SHAHO-KUN

La voie n’est pas avec l’arc mais avec les os, ce qui est de la plus grande importance dans le tir ».
Placer l’esprit (KOKORO) au centre de votre corps ».
Avec les deux tiers de YUNDE (bras gauche) pousser la corde, avec le tiers de METE (bras droit) tirer l’arc.
L’esprit bien placé (idée de permanence), l’unité harmonieuse advient ».
A partir de la ligne centrale de la poitrine, diviser la gauche et la droite également, pour aller vers le lâcher ».
Il est écrit que le choc du fer et de la pierre fera jaillir l’étincelle.
Et ainsi, il y a le corps doré, d’une blanche brillance, et la demi-lune posée à l’ouest.
Ceci chante la Vérité réalisée dans le tir.

A partir de ces deux poèmes et de gros efforts dans la pratique nous créons la possibilité, de parvenir à la merveilleuse condition des « Trois Essentiels comme ne formant qu’un seul corps (SANMI-ITTAI) ».

*Ce sont les vertus confucianistes de générosité, de justice, de dignité, de sagesse et de sincérité. SHAHO-KUN est l’enseignement légué par Maître JUNSEI YOSHIMI dont l’autre nom était DAIUEMON TSUNETAKE, célèbre disciple du clan KISHU au milieu de la période TOKUGAWA. Il était connu pour son érudition alliée à une grande connaissance du Kyudo. A cette époque, il était le SEMPAI de Maître KANZAEMON HOSHINO du clan BISHU, et de Maître DAIHACHIRO WASA du clan KISHU, qui était également éminents dans le monde du Kyudo. A la fin de sa vie, Maître YOSHIMI est devenu moine bouddhiste retiré dans l’enceinte du temple DAITOKUJI à KYOTO.
**Ce sont les vertus confucianistes de générosité, de justice, de dignité, de sagesse et de sincérité.