Ōsōji

Samedi 17 décembre, c’est la dernière séance de l’année. C’est le temps de faire un bilan de l’année écoulée mais surtout de se lancer dans un grand nettoyage, ōsōji. Tout doit être propre afin d’aborder la nouvelle année sereinement.

Mais avant de s’affairer dans la bonne humeur, les vingt-neuf participants à la séance ont le plaisir d’assister à un Yawatashi réalisé par Marc-Antoine (Ite) assisté de Jean-François (Dai Ichi Kaizoe) et François (Dai Ni Kaizoe).

Belle introduction avant d’entamer un taikai festif mais tout de même rigoureux puisque l’ordre de passage sera tiré au sort et les cibles touchées dûment comptées. A la dixième flèche dans la mato, l’archer gagne un cadeau. Lors de cette affrontement amical, les plus sérieux se concentrent sur leurs tirs tandis que les autres se taquinent, applaudissent pour chaque atari. Ce samedi, rires et Yoshi ! emplissent le gymnase de Courcelles. C’est la fin d’année, bonne humeur et optimiste sont de mises.

La dernière photo de l’année est à destination de notre dojo partenaire à Yokohama, Asahiku Kyudo Kai, pour leur souhaiter une bonne année.

Lors du salut qui ponctue cette année de travail, Naeko tel un Père Noël remet des cadeaux à nos trois gagnants du taikai festif (Arnaud, Jean-Benoit, Yveline) et offre à chacun des pratiquants, les présents que nous ont réservés l’Asahiku Kyudo Kai de Yokohama. Le temps d’avoir une pensée amicale pour eux afin de les remercier de leur gentillesse.

Le salut de fin de séance qui est aussi aujourd’hui celui de fin d’année, donne le signal de l’ōsōji. Les placards sont vidés, nettoyés, les objets inutiles qui se sont accumulés au cours de l’année sont jetés, les matos sont refaites etc… Après une trépidante activité d’une quarantaine de minutes, nous sommes prêts pour cette nouvelle année qui sera soyons en sûr riche en émotions et amitiés. Bonne année !

Taïkaï interne AKE – 29 octobre 2016

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Samedi 29 octobre, premier taïkaï interne AKE de l’année, reporté par Jean-Benoît (8/12), suivi de Naéko (6/12) qui se départage avec Claude (6/12 également) après un tir en mode izume (mort subite). A noter un très déterminé kaichû de Naéko sur la dernière volée de 4 flèches.

Taikai de printemps 2016

Après l’annulation forcée du « taikai d’automne » en raison des événements funestes du mois de novembre, s’est tenu le dimanche 17 avril le « taikai de printemps » de l’AKE. Le tournoi a réuni 23 compétiteurs venus des différents dojos d’Ile-de-France.

Un Yawatashi d’ouverture a été présenté par Yumi Minaminaka senseï, Ite, assistée avec plaisir par Claude Longet, Dai-ichi Kaizoe, et Jean-Benoît Birck, Dai-ni Kaizoe.

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La matinée a été consacrée au tir des 12 flèches homologuées par tachis de cinq tireurs. A l’issue de cette première partie de la compétition, Pascal Olivereau sort en tête avec 8 cibles atteintes, suivi par Jean-Benoît Birck et Maurice Boniface avec 7 cibles.

Après la pause du déjeuner, la compétition reprend avec 8 nouveaux tirs pour décider de la victoire sur le total de 20 flèches. Les premiers résultats de la matinée sont peu modifiés puisque Pascal Olivereau remporte finalement le tournoi avec 12 flèches, suivi par Jean-Benoît Birck avec 11 flèches. La troisième place sera départagée par un Izumé très serré et de longue haleine entre David Ta et Maurice Boniface, que ce dernier emportera à la septième flèche.

Lors de cette belle journée de Kyudo, organisée par Yumi Minaminaka, assistée de Yolande Terrasson pour le staff, 460 flèches ont été tirées et 162 ont atteint la mato. Après la remise des certificats,  les vainqueurs ont pu se réjouir des cadeaux raffinés choisis par Naéko Otha.

Les membres d’AKE remercient chaleureusement tous les compétiteurs non seulement de leur participation au tournoi mais de la main forte que ceux-ci ont portée spontanément à l’installation et à la désinstallation du matériel.

A la prochaine fois !

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Classement :

  1. Pascal Olivereau (MAM-SK) : 12 points
  2. Jean-Benoît Birck (AKE) : 11 points
  3. Maurice Boniface (KAP) : 10 points
  4. David Ta (MAM-SK) : 10 points
  5. Marc Bertin (AKE), Kai-Ching Lam (AKVM), Nicolas Ladron de Guevara (MAM-SK) : 9 points.

      Jean-Benoît.

 

Taïkaï interne AKE – février 2016

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Le tournoi débute par un Yawatashi exécuté en kimono par Claude, Itte, Marie G., Dai Ichi kaizoe et Jean-Benoît, Dai Ni kaizoe.

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A l’issue des 12 flèches tirées par chacun des 15 participants, où 40/180 flèches ont atteint la mato, il s’est trouvé que les précédents exécutants du tir d’ouverture sont arrivés en tête, dans un ordre différent : Marie (5 flèches), Claude (6 flèches), Jean-Benoît (6 flèches).  Pour départager les deux ex aequo a été réalisé un Izume, remporté à la première flèche par Jean-Benoît.

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1. Jean-Benoît : 6 flèches

2. Claude : 6 flèches

3. Marie G. : 5 flèches

Yumi senseï, Jean-Francois senseï et Yolande ont ensuite proposé une correction détaillée et instructive des erreurs commises lors du Yawatashi.

Remarquant que ce sont les mêmes tireurs qui se sont classés lors des deux derniers taïkaï, on apprécie le caractère judicieux des prix remis les deux fois aux vainqueurs : en janvier, les tisanes bio détox choisies par Naéko , et aujourd’hui, les gâteaux choisis par Yumi comme pour les compléter.

Ainsi bien rassasiés, ceux-ci attendent désormais que d’autres tireurs remportent les tournois à venir.

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Jean-Benoît

Taïkaï interne AKE – janvier 2016

En ouverture du tournoi a été présenté un Yawatashi réalisé avec intensité par Naéko, Itte, Damien, Dai Ichi kaizoe et François, Dai Ni kaizoe.

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Au terme de l’ensemble des tirs, Jean-Benoît prend la première place avec 10 flèches. Suivent à égalité avec 5 flèches, Marie G. et Claude, qui se départageront en un Izume, remporté valeureusement par Marie à la troisième flèche.

Le classement est le suivant :

1- Jean-Benoît : 10 flèches

2- Marie G. : 5 flèches

3- Claude : 5

Taïkaï interne AKE – novembre 2015

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C’est par un shigure (時雨, crachin) très automnal qu’a commencé la séance de notre Taikai (大会) interne de novembre pour se finir par un beau soleil aux allures d’hiver.

Le tournoi débuta avec un Yawatashi (矢渡し) avec, en Itte (射手) Tarik, Dai ichi kaizoe (第一介添) Marie G. et Dai ni kaizoe (第二介添) Marc-Antoine.

Sur onze participants, tous mirent au moins une flèche, jusqu’à ce que se départagent Marie R.,Tarik, Nghi-Dung et David, avec trois flèches mises dans la cible, pour la troisième place, en izume (射詰め). Marie se situe troisième.

Enfin, Yumi-sensei et Jean Benoît se départagent, avec quatre flèches dans la cible, pour la deuxième et première place. Ils tirent à sept reprises en izume pour qu’enfin Jean-Benoît se place premier et Yumi deuxième. Félicitations !

A noter que Yumi-sensei nous a parlé d’une troisième graphie existante du mot Zanshin en plus des deux que nous connaissons déjà dans le Kyudo Manuel. Expliquée par Iijima-sensei au séminaire d’octobre, elle démontre une rémanence de l’expansion (残伸) en plus de la rémanence de l’esprit (残心) et de celle de la forme (残身).

Marc-Antoine

APPRENTISSAGE ET IMITATION

Apprentissage et imitation

Arnaud Vojinovic et membre d’AKE, nous livre une réflexion personnelle sur une possible explication par la neurobiologie et les sciences cognitives du fonctionnement de ce que nous appelons en Kyudo « Mitori geiko », soit l’apprentissage par le regard. Notons que les « neurones miroirs » sont également mentionnés régulièrement par Charles-Louis Oriou sensei dans son enseignement. Même s’il n’est pas souhaitable de chercher à intégralement expliquer scientifiquement le Kyudo, ces ponts entre une pratique millénaire et des découvertes récentes apportent un éclairage à même d’éveiller la curiosité et le désir de recherche de certains pratiquants.

Le Kyudo est le tir à l’arc cérémoniel japonais. Son apprentissage demande de longues années d’étude et au delà de la maîtrise d’une simple technique, il devient rapidement un travail introspectif sur soi même.

L’étude

En Asie, l’archerie s’est vite intéressée à l’apprentissage, à la notion de savoir et de transmission.
Ainsi il est toujours surprenant de découvrir que dans la Chine antique, par homologie, tir à l’arc et étude ont été associés. En effet à l’origine, le caractère xue, 学 (學), désigne la salle où l’on pratique le tir à l’arc et par extension le tir à l’arc. Ensuite, comme le tir à l’arc est la matrice formelle par essence de toutes pratiques rituelles, le terme (学) prendra le sens d’apprentissage.
Ce parallèle, entre étude et tir, marquera fortement l’enseignement du tir à l’arc à travers les âges. Le petit fils de Confucius, Tse-se, va même à comparer l’archer et le sage : « L’archer présente un point de ressemblance avec le sage : quand la flèche rate la cible, il en cherche la cause en lui-même ».

 Le Kyudo

En Kyudo, l’archer consacre sa vie à l’étude des principes du tir. Au delà des vertus dont le Kyudo se veut être porteur, le dojo est une salle d’étude à part entière et il devient donc intéressant de voir quelle pédagogie est utilisée pour l’apprentissage.
On considère qu’il y a trois manières d’apprendre le Kyudo :
par le regard, (on passe beaucoup de temps à regarder tirer les autres),
par la correction du maître,
par l’entraînement (autrement dit la pratique).
Si la pédagogie de la correction et de l’entrainement sont évidentes. Une transmission par le regard est déjà un concept plus difficile à aborder.

Neurones miroirs

Pourtant en 1996 une équipe italienne sous la direction de Giacomo Rizzolati a fait une découverte étonnante. Ils ont remarqué par hasard au cours de leurs observations sur des macaques, que certains neurones (qu’ils ont appelés miroirs) s’activaient si un singe faisait un mouvement pour saisir un objet (il doit y avoir un but). Mais le plus étonnant ces que ce même type de neurones est aussi actif si le singe observe un autre singe le faire ou même si l’expérimentateur montre au macaque quel est l’exercice à faire.
L’équipe en a déduit qu’il existait un lien direct entre action et observation.
Par la suite une équipe canadienne a mis en lumière ce mécanisme chez l’homme. Ce système neuronal serait plus développé chez l’homme adulte que chez tous les primates.

L’imitation

L’imitation a toujours été un mode d’apprentissage pour l’homme que cela soit au niveau du langage ou d’une transmission culturelle par exemple.
Ce qui est aujourd’hui étonnant c’est que cette simple observation soit confirmer par la neurobiologie. Elle vient surtout transcender l’idée d’imitation telle que nous la connaissions pour lui ouvrir des perspectives pédagogiques beaucoup plus larges.
Les sciences humaines qui toléraient l’imitation dans des stades liés à l’enfance lui donnaient une connotation péjorative ou une influence mineure pour un adulte.
Maintenant on considère que l’imitation est l’élément fondamental de l’être humain, de l’être social qu’il représente.

Sciences humaines et sciences cognitives

Pourtant il reste encore des ponts à dresser entre ses différentes disciplines afin que les observations de l’une puissent alimenter le travail de recherche de l’autre.
Mais déjà aujourd’hui, pour en revenir plus simplement au Kyudo, rien ne nous interdit de mener une réflexion sur la notion d’imitation en tant que processus cognitif et de l’intégrer systématiquement dans une démarche d’apprentissage.

A.V. Décembre 2013.